Coup d’œil sur … Fateh Mosbah

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Le 15 avrils 2018, notre caméra et notre micro virtuels
vous faisaient découvrir…
Fateh Mosbah

Fateh avait alors choisi de nous présenter sa photo Le Grand Bleu.

Depuis quand fais-tu de la photo?

Ça remonte à ma petite enfance. J’avais environ 5 ans. J’ai grandi en Algérie et mon père était prof de physique et ma mère prof de biologie. C’est surtout mon père qui m’a initié à la photo. À mon adolescence, il a même installé un petit labo de développement à la maison et j’ai eu la chance de parfaire mes connaissances en argentique. Bizarrement, en passant au numérique un peu plus tard, j’ai eu l’impression de perdre tous mes repères. Il faut dire que, jeune adulte, je suis rapidement tombé dans la marmite de la plongée sous-marine et qu’en soi, du point de vue photo, cet univers vient avec des spécificités bien différentes de la photo terrestre. J’ai eu l’impression de repartir à zéro. Juste au point de vue de l’équipement, il faut un caisson (de préférence en aluminium) étanche pour y loger son appareil et un système d’éclairage adapté à la photo sous-marine. Plonger oblige aussi à suivre des règles de sécurité qui oblige à une grande vigilance qui peut interférer avec l’attention requise pour faire de la belle photo. Bref, ma passion pour la plongée combinée à ma passion photographique m’a entraîné dans de nombreux défis d’apprentissage.

Quand as-tu rejoint le Club photo Évasion?

Mariés en Algérie, ma femme et moi avons décidé d’émigrer au Canada. Des proches de notre famille demeuraient déjà à Saint-Bruno et nous ont trouvé un endroit pour installer notre petite famille. Nous avons tout de suite aimé cette ville si accueillante pour élever nos enfants. Des recherches sur le WEB m’ont rapidement mené vers le site du Club et je n’ai pas tardé à faire une demande pour devenir membre. En septembre 2015, c’était chose faite.

Qu’est-ce qui t’a incité à rejoindre le Club?

Je cherchais des passionnés comme moi et j’ai trouvé. Je considère aussi que j’ai toujours des choses à apprendre et le Club m’y aide beaucoup. J’avoue que mon projet de vie, depuis un peu plus d’un an (obtenir une maîtrise en pédagogie des Sciences en cours du soir à l’UQAM), combiné à un travail à mi-temps en informatique et à  mon « emploi» de papa et de mari (mais ça, on va dire que ce n’est pas un travail, mais une autre passion) : tout ça interfère un peu, et parfois beaucoup, avec l’assiduité de mon activité au sein du Club.

Qu’est-ce que tu aimes particulièrement photographier? Pourquoi?

Évidemment, l’univers sous-marin demeure mon premier domaine d’intérêt photographique. J’adore l’aspect inattendu des plongées : on peut difficilement savoir à l’avance ce qu’on va trouver. En général, selon les conditions météo, on se prépare en plongée à faire soit du paysage (plan large) soit de la macro (plan serré sur un sujet). Certes, la profondeur et le degré de turpitude de l’eau vont jouer beaucoup sur la lumière disponible et donc sur le type de photo que l’on fera. Depuis que je vis au Québec, même si j’ai fait de la plongée (par exemple en Gaspésie), je n’ai pas fait de photo sous-marine. Donc j’ai découvert du plaisir en photo terrestre : paysage et architecture. Je me suis procuré un appareil sans miroir Sony Alpha 7 II assez léger et polyvalent qui me permet de faire de la photo hors de l’eau, mais je vais bientôt acheter le caisson étanche en alu adapté à cet appareil afin de refaire de la photo sous-marine.

En photographie, quel défi te donnes-tu au cours de la prochaine année?

Je ne maîtrise pas du tout le post-traitement. J’aimerais beaucoup apprendre à bien utiliser Lightroom. J’ai déjà suivi quelques ateliers, lu des bouquins et visionné des vidéos sur le WEB. Il y a tellement de possibilités avec ce logiciel qu’il faut y mettre du temps pour apprendre et déterminer celles qui sont le mieux adaptées à ses besoins spécifiques.

Dans quelles circonstances fut prise la photo que tu as choisie pour cette entrevue? (Moment, endroit, événement particulier?)

En 2012, j’assistais à un stage de plongée profonde (80 mètres !!!) dans l’Atlantique au Sénégal. Il faut savoir que de faire de la photo en plongée est particulièrement exigeant, car il faut à la fois veiller à sa sécurité et sa santé (ivresse des profondeurs), garder un œil sur son binôme (le plongeur qui nous accompagne) et rester à l’affût des bons sujets à capter. Au début d’une plongée, à environ 20 à 30 mètres, je lève les yeux et je vois les deux derniers plongeurs qui venaient de sauter à l’eau. Le spectacle était tout simplement merveilleux!

Pourquoi aimes-tu cette photo?

C’était vraiment un moment magique. Bien que la lumière ne soit pas fascinante de prime abord, elle simplement omniprésente. En fait, elle disparaissait au fur et à mesure que la profondeur nous engloutissait. En apercevant cette lueur j’ai eu une pensée disant qu’après une telle profondeur, j’allais être content de revoir cette lumière. La photo me rappelle donc un très beau moment relié à ma passion.