Coup d’œil sur … Alain Dubeau

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Le 27 novembre 2017, notre caméra et notre micro virtuels
vous faisaient découvrir…
Alain Dubeau

Alain avait alors choisi de nous présenter sa photo La mendiante.

Depuis quand fais-tu de la photo?

J’avais 12 ans quand j’ai commencé, évidemment en argentique. Rien de sérieux (mais l’est-on jamais à cet âge?) : photos souvenirs. Puis dans les années ’70, j’ai déménagé à Chicoutimi et ai rejoint le Club photo local. J’y ai côtoyé de très bons mentors qui m’ont beaucoup appris. Puis à l’université, quand est venu le moment de choisir un cours « libre » (hors programme), j’ai opté pour un cours en photographie. J’ai ainsi poursuivi mes activités en chambre noire. Au début des années ’80, j’ai déménagé aux États-Unis et la vie de famille et le travail m’ont pas mal accaparé et je suis revenu à la photographie de souvenirs. Par la suite j’ai eu une période vidéo sans jamais délaisser la photo. Vers 2003-2004, le Cupidon de la photo, drapé dans ses nouveaux atours (adieu argentique), m’a atteint avec ses flèches numériques et a ravivé en moi la passion pour la photo plus artistique.

Quand as-tu rejoint le Club photo Évasion?

En 2004, j’ai rejoint le Club en même temps qu’Alain Côté et Benoit Durocher. Le Club tenait alors ses activités au Vieux Presbytère.

Qu’est-ce qui t’a incité à rejoindre le Club?

Faire de la photo de façon plus soutenue faisait partie de mes rêves depuis longtemps. Les très bons souvenirs que j’avais gardés du Club de Chicoutimi et toute l’aide que j’y avais reçue m’ont incité à rejoindre à nouveau un club, cette fois dans ma nouvelle patrie : St-Bruno. Je ne l’ai jamais regretté. J’y ai trouvé de la motivation, de la stimulation et des rencontres très enrichissantes. Et surtout beaucoup d’aide et d’entraide.

Qu’est-ce que tu aimes particulièrement photographier? Pourquoi?

J’aime être dehors, me promener en forêt donc tout naturellement la photo de nature m’attire. J’aime aussi les contacts humains, observer les gens et lire dans leurs yeux, surtout chez les personnes âgées et les enfants. Je retrouve chez eux une spontanéité et authenticité qu’on ne trouve plus chez des gens qui sont modèles ou jouent à l’être. Des cours suivis en histoire de l’art à l’Université du 3e âge à St-Bruno m’ont progressivement amené vers la photo que je qualifierais, à juste titre, d’artistique. Ainsi mes démarches photographiques des dernières années s’inscrivent justement dans ce courant qui m’amène plus loin par l’expérimentation. J’ai l’impression de revenir à l’essentiel, en dépouillant de plus en plus mes photos du superflu.

En photographie, quel défi te donnes-tu au cours de la prochaine année?

Dans le cadre de ce cheminement plus « artistique », j’ai eu ma période de bichromie (N&B + une couleur). Ensuite, toujours dans le dépouillement progressif, j’ai abandonné la couleur pourtant unique en bichromie pour aller vers du haut-contraste (noir et blanc pur). Ma nouvelle phase, mon nouveau défi passionnant, me ramène à une nouvelle forme de bichromie. Je réintroduis une couleur (la dominante dans une scène) et j’ajoute aussi des calques que j’intègre à mes photos pour donner de la texture, du relief.

Dans quelles circonstances fut prise la photo que tu as choisie pour cette entrevue? (Moment, endroit, événement particulier?)

C’était lors d’un séjour professionnel marquant à Bangalore en Inde en 2004. Au sortir d’un temple, mon regard a croisé celui d’une mendiante assise sur le sol et ses yeux m’ont vraiment accroché. La position de sa main tenant son écharpe près du visage m’a aussi captivé. Je n’avais qu’une petite caméra (de type « bridge ») au fond de ma poche et j’ai demandé sa permission pour prendre cette dame en photo. Comme quoi ce n’est pas le boîtier qui fait une bonne photo.

Pourquoi aimes-tu cette photo?

L’émotion évidente que cette photo fait ressortir à travers les yeux lumineux de cette mendiante. Le souvenir de cette rencontre basée sur un lien humain quasi instantané demeure encire bien net. Cette photo enchâsse une belle histoire dans ses pixels.